En ménage

MEMOIRE DE FEMMES

En ménage

 

Par une matinée radieuse où le bleu du ciel se confond avec les yeux de Natacha, on entend un bruit sourd comme le moteur d'un engin étrange... Elle passe tout simplement l'aspirateur dans sa villa, cette scène pourrait être des plus banales, mais ici Natacha est dans une nudité totale comme au jardin d'Eden, dont le nom signifie délice..

 

Elle forme avec cette machine un étrange couple, tout droit sorti du futur d'un autre monde, le mouvement de va et viens de ses bras pour faire passer l'aspirateur dans les moindres recoins de sa pièce, semble répondre comme un écho à une position amoureuse dont elle garde inconsciemment le souvenir. Ce manche d'aspirateur devenant alors comme un sexe raidi par l'ivresse des sens, lorsqu'elle Natacha avance son déhanchement tranche avec l'immobilité de cet engin, et le mouvement ondoyant de ses fesses cambrées naturellement sont comme un hymne à la sensualité.

 

Lorsqu'elle se penche pour être plus efficace dans cette tache ménagère, cette maîtresse de maison, semble dans cette position s'offrir à quelque puissance invisible, présente en ces lieux...

 

Mais voila que d'une manière des plus inattendues, surgissent deux jeunes gens en cette pièce, événement aussi inattendu qu'une comète traversant le ciel de Natacha. Ils la voit de face dans toute sa splendeur de femme, admirant ses seins altiers animés d'un véritable mouvement de vie, son visage si fin aux yeux lumineux semblables à des étoiles, son jardin interdit dans lequel ils aimeraient gambader tels deux faons en quête d'un point d'eau, ses cuisses généreuses. Mais aussitôt Natacha prise de panique à l'idée d'être ainsi surprise, s'agenouille aussitôt se cachant tant bien que mal avec l'aspirateur. Les deux jeunes gens n'en croient pas leurs yeux, cette femme si belle semble s'adonner ainsi dans ce geste de protection, à un étrange accouplement...en effet, la machine semble être en ses jambes, dont ils aperçoivent les genoux, et les cuisses qui semblent accueillir cet être de plastique et d'électronique comme un véritable androïde vision d'un futur où la machine pourra subvenir aux plaisirs des hommes.

 

Par ce geste de pudeur, Natacha devient encore plus impudique malgré elle, cette position semble la rendre fragile et comme livrée à elle-même aiguisant encore plus des regards qui d'émerveillés devant sa beauté plastique se font maintenant de désirs...

 

Natacha est comme muette de stupeur pendant quelque instant, en raison de sa nudité surprise, puis se reprend très vite en disant aux garçons de partir, de passer leur chemin, avec une émotion dans sa belle voix.

 

Mais les deux garçons sont déjà ailleurs en leur pensée, ils sont comme dans un autre monde, subjugué par ce qu'ils viennent d'aperçevoir, la beauté de Natacha passe au-dessus de leur raison et ils s'approchent d'elle doucement comme on s'approcherait d'un animal blessé, craignant un soubresauts qui le ferait fuir.

 

En effet, Natacha est comme pris au piège en ces instants, si elle se lève, les deux jeunes verront son corps et peut être déclencherais-t-elle un stimulis incontrôlable pour ces jeunes gens si virils et ayant la force d'un printemps en fleur.

 

A cet instant Natacha ressent comme une tempête intérieure ne sachant quelle solution adopter, choisissant pour l'instant un mutisme afin que ses paroles ne puissent être mal interprétées, mais aussi pour masquer son émotion, son trouble face à cette situation rare, dont elle ne veut rien laisser paraître.

 

Le silence de part et d'autre se fait pesant, elle choisie de baisser les yeux vers le sol, afin de ne rien laisser paraître d'elle dans son intériorité, mais point par honte, car cette femme est forte en son âme.

 

De leur côté les deux amis sont arrivés aux côtés de Natacha, elle est toujours accroupie, l'aspirateur devant elle, collé contre son corps, elle cache ses seins avec ses mains, dont on devine malgré tout les formes très sensuelles. Ils tournent autour de Natacha, sans pour autant oser la toucher, elle semble comme prise dans un piège, comme après une véritable battue dans une forêt d'Amazones...

 

Le silence règne toujours de part et d'autre, comme dans un moment sacré, où une révélation va être donnée à des cherchants d'impossible. Pour Natacha ces minutes sont comme de longues heures interminables. Ses jambes repliées mettent en valeur ses cuisses, dont la peau brille comme une étoffe précieuse sous le soleil matinal, son dos nu est comme une piste sacrée conduisant en un lieu où se déroule des cérémonies d'union entre la terre (l'homme) et le ciel (la femme), ces noces alchimiques entre le soleil et le lune engendrant les futurs.

 

Les deux garçons sont alors figés et admire le corps d'une femme qui pour eux est à la fois femme, mère, sœur, fille, dans une étrange confusion, peut-être provoquée par l'aspect si féminin du corps de cet être quasi divin par ses courbes délicieuses, dépassant les limites du temps renvoyant à l'éternité de l'essence féminine.

 

Ils marquent alors un arrêt, l'absence des pas inquiète Natacha que vont-ils faire, elle s'efforce de ne penser à rien et se prépare à partir d'un bon perdu pour perdu, mais rien ne se passe... les jeunes gens sont au-delà du désir, émerveillés par le spectacle de ce qu'ils voient : la création du monde.

 

La vision qu'ils ont,  c'est cette mandorle située dans l'intimité de ces fesses, que l'on retrouve dans la sculpture des églises romanes, d'où émerge un Christ pantocrator de la Femme primordiale, signification perdue d'un symbole antique.

 

Ils ne voient plus que cette amande douce, dont les lèvres fermées dessine des volutes comme les lettres d'un alphabet d'amour et de vie, comme un drapé fragile, mais qui inspire le respect le plus noble aux âmes élevées.

 

De ce fruit défendu des reflets huileux, comme un nectar divin ouvrant les portes d'un temple inconnu pour ces jeunes explorateurs d'un lieu sacré inconnu.  Natacha sent leur regard sur sa plus profonde intimité, elle n'ose bouger tétanisée par la soudaineté, l'incongruité de cette situation. Pendant un instant, elle semble ressentir comme un souffle chaud sur son intimité, comme si une bouche s'approchait si près qu'elle en ressentirait le souffle de sa respiration. Mais ce n'est peut-être que l'effet de sa crainte, elle n'est point sure restant sur une expectative insupportable.

 

Alors nos jeunes gens se placent de part et d'autre de son corps nu, toujours accroupie, l'un passe sa main dans les cheveux blonds de Natacha avec une telle tendresse qu'elle en est retournée, et l'autre dépose une bise pleine d'amour sur la joue droite de cette femme à la grâce naturelle, et ils s'en vont retournant à l'objet de leur visite.

 

Ces deux garçons ont communiés profondément avec Natacha par ce geste final, sa beauté leur a inspiré le sentiment du respect pour la mère d'un ami, mais aussi désormais la fée de leur rêve secrets, et peut être qu'un jour en une impossible spéculation, ils seront amants d'une femme des plus belles, non par simple pulsion sexuelle, mais par amour d'elle tout simplement. Ayant ressenti par delà l'apparence d'une femme mure, une véritable jeune femme en son âme et une déesse vivante de sensualité, ne pouvant qu'appeler la noblesse des sentiments.

 

 

 



Article ajouté le 2006-04-03 , consulté 366 fois

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